QU’EST-CE QU’UNE ANCHE ?
L’anche est une lamelle taillée dans la canne de Provence, particulièrement fine à l’une de ses extrémités, destinée à la musique. Elle est indispensable à plusieurs familles d’instruments à vents telles que celle de la clarinette et du saxophone (anches simples placées sur le bec), du basson et du hautbois (anches doubles placées à l’embouchure) ou encore au biniou breton, au launeddas sarde, à la cornemuse et aux instruments artisanaux ou anciens tels que la bombarde ou le chalumeau. Aussi différents soient-ils ces instruments recèlent tous un éclat de canne de Provence et un « bout de Var ».
Placée à l’embouchure ou sur le bec des instruments dits instruments à anche, sa vibration génère le son et la musique. Sans anche ces instruments seraient muets ! Souvent secouée par le Mistral dans sa vie de végétal, lorsque la canne devient anche, c’est un autre vent qu’elle épouse. L’anche transforme alors le souffle du musicien en mélodie.
LA REVANCHE D’UNE MAUVAISE HERBE !
La canne est une espèce pittoresque des paysages méditerranéens qui pousse le long des cours d’eau ou chemins, souvent considérée à tort comme de la « mauvaise herbe ». Mais la canne de Provence, qui grandit au soleil méditerranéen, poussée par les vents du midi, sait prendre le meilleur de son terroir : souple et robuste, elle devient un matériau unique et inégalé dans bien des domaines.
Après transformation, elle devient anche pour les instruments à vent et parcourt le monde. « Si on trouve la canne un peu partout dans le monde, c’est sur les rivages varois qu’elle acquiert une qualité exceptionnelle, unique au monde, pour la confection des anches pour instruments de musique » déclare Michel Pellegrino, clarinettiste professionnel et créateur du Festival de l’anche.
On la trouve aussi sous la forme de « calame » (plume en canne). Depuis l’Antiquité, les calligraphes du bassin méditerranéen venaient la cueillir sur ces rivages, les œuvres de l’écriture latine et arabe l’ont immortalisée. Enfin, la canne est irremplaçable dans la confection des paniers, « cannisses », « banastes », claies et autres accessoires de la vie traditionnelle provençale. Maraîchers et horticulteurs s’en servent également pour couper le vent et délimiter leurs champs.
Attention, bien que ressemblant fortement au roseau, la canne de Provence est une espèce différente (terme botanique : « arundo donax »).
 suite